Depuis le 21 septembre, les lycéens et les lycéennes se mobilisent partout en France et le mouvement ne cesse de s’étendre.
Le manque d’enseignants et de personnel, les classes surchargées et les journées de 8h-18h : autant de gouttes qui ont fait déborder un vase déjà bien rempli par le gouvernement Macron.
Pas d’avenir. Des coupes budgétaires partout. C’est tout ce que le capitalisme a à nous offrir. Et la jeunesse subit en première ligne les mesures d’austérité, le chômage et la misère du système.
Pour la classe dirigeante, le seul rôle de l’école est de garder les enfants pendant que les parents travaillent, et rien d’autre. Tout au plus, elle discipline les jeunes pour les préparer à se faire broyer dans quelques années sur le marché du travail, à la suite de leurs parents.
La bourgeoisie et son gouvernement n’ont donc aucun intérêt à investir davantage dans l’éducation – et tout intérêt à faire payer toujours plus la crise du système aux jeunes et aux travailleurs.
La jeunesse a toutes les raisons de se révolter. Pendant qu’une minorité engrange des profits records, on prépare la nouvelle génération à subir des conditions de vie bien pires que celles des précédentes, et à vivre sur une planète en lambeaux.
De même, les lycéens et les étudiants ont entièrement raison de ne pas se laisser enfermer dans l’image d’une lutte qui porterait seulement sur l’éducation. Ils sont l’avant-garde de la lutte de l’ensemble de notre classe face au système et à ceux qui le dirigent.
Une répression féroce En guise de réponse, le gouvernement Macron a fait ce qu’il sait faire de mieux : réprimer violemment la mobilisation et tenter de la décrédibiliser.
La police a été envoyée sur les lycées pour empêcher les blocages et s’en est pris violemment aux lycéens mobilisés : des tirs de flash-ball, de grenades et de lacrymo en pleine tête ont fait des centaines de blessés. Certains jeunes ont été gravement mutilés : œil, main, mâchoire et dents arrachées ont rythmé les journées de mobilisation. Et le nombre d’interpellations – plusieurs milliers depuis le début de la mobilisation – ne cesse d’augmenter.
Le gouvernement a immédiatement mobilisé ses médias pour légitimer cette violence. Il a accusé les lycéens de « violences inqualifiables » et en a profité pour attaquer La France Insoumise (LFI) et « l’extrême-gauche » qui les soutiennent.
Cette propagande s’est même intensifiée après le 17 octobre pour justifier les mesures d’État d’urgence décrétées : couvre-feux, interdictions de manifester et déploiement de militaires réservistes pour « rétablir le calme » samedi 24 octobre. Sans oublier d’ériger LFI en bouc-émissaire.
Mais la violence d’État n’est pas la seule arme que notre classe dirigeante a à sa disposition. Elle peut également se dire prête à « dialoguer », comme lors du « temps lycéens », la « demi-journée de démocratie » organisée sur les lycées depuis le 7 octobre.
De cette façon, la bourgeoisie peut donner l’impression d’écouter la colère des manifestants, alors qu’elle cherche juste à affaiblir la mobilisation et à la diviser. Les lycéennes et les lycéens ne s’y sont pas trompés, et ont continué à se mobiliser.
Alors que tous les regards étaient tournés vers la France dans l’attente de la grande journée de mobilisation du 17 octobre, Lecornu a fait une série d’annonces : la baisse du prix du gazole et la limitation de la hausse des prix de l’électricité.
Le gouvernement s’est encore une fois caché derrière les « contraintes budgétaires » pour justifier la faiblesse de ces annonces. En réalité de l’argent il y en a, bien au chaud dans les poches des capitalistes, qui feront tout pour le garder. Entre les capitalistes et la classe ouvrière, il ne reste que la police.
La classe dirigeante donne des miettes lorsqu’elle est terrifiée. Elle sait très bien que la mobilisation de la jeunesse, pourrait entraîner avec elle les travailleurs, comme en Mai 68.
Alors, soyons son pire cauchemar !
Organisons la grève générale !
L’ensemble de la classe ouvrière doit se jeter dans le mouvement et faire usage de son arme la plus efficace : la grève. La grève générale reconductible est la seule méthode qui permettrait de mettre k.o. le gouvernement.
Face à la répression policière, la CGT et La France Insoumise ont appelé à protéger les lycéens sur les blocus. La CGT a aussi appelé à une journée de grève le 6 octobre mais s’est contenté d’exprimer son soutien à la journée de mobilisation du 17 octobre. LFI, quant à elle, a appelé à manifester le 17 octobre. Ces appels manquent néanmoins clairement de perspectives pour la suite d’une mobilisation déjà historique.
En réalité, les organisations syndicales et politiques peuvent faire bien plus que ça. Les directions syndicales ont suffisamment d‘autorité pour appeler massivement à la grève générale et la construire, directement sur le terrain, de lieu de travail en lieu de travail.
Au lieu de quoi, elles retombent systématiquement dans leurs vieux réflexes de sectoriser les luttes – laisser la lutte des lycéens aux syndicats lycéens – et appeler aux fameuses journées d’actions isolées qui n’ont fait qu’épuiser les mobilisations précédentes – et ont abouti à leur défaite.
Fidèles à leur stratégie perdante, les directions confédérales se sont contentées d’appeler à une journée de grève interprofessionnelle le 5 novembre prochain. Autrement dit, les directions syndicales esquivent l’appel à l’aide des lycéens qui se mobilisent depuis déjà plusieurs semaines. Ce qui est complètement à l’avantage du gouvernement Macron.
Vers un nouveau Mai 68, en France comme à l‘international !
Nous ne pouvons pas attendre la journée de grève du 5 novembre, nous devons organiser dès maintenant la solidarité entre travailleurs, étudiants et lycéens ! Pour que le 5 novembre le pays soit à l’arrêt, et que cela marque le début d’une grève générale de longue durée, il faut nous faut dès aujourd’hui la construire ! Nos revendications sont communes face à ce système qui nous prend tout, en France comme à l’international !
La jeunesse se mobilise partout : après une première vague révolutionnaire en 2026 en Asie, en Afrique, en Amérique du Sud et en Europe de l‘Est, une nouvelle vague de mobilisation se répand en solidarité avec la jeunesse française ! En Belgique, en Italie, en Allemagne, en Autriche, en Espagne, ainsi qu’en Amérique du Sud !
Notre impact est grand, une grève générale en France provoquerait une onde de choc pour les travailleurs du monde entier !
Ce 17 octobre était une véritable démonstration de force, qui amène nécessairement à la question suivante : quelle est la prochaine étape pour une lutte victorieuse ?
Nous devons tout faire pour augmenter le rapport de force et nous organiser efficacement partout ! Sur chaque lieu de travail, sur chaque fac et chaque lycée, réunissons-nous et discutons de comment construire la grève générale pour bloquer le pays !
Discutons de comment aller chercher les travailleurs qui ne sont pas encore mobilisés et propager la grève de secteur en secteur. De comment faire des piquets de grève communs aux travailleurs, lycéens et étudiants pour pouvoir nous défendre face à la police, et élargir la lutte !
Mais aussi, faisons entendre haut et fort nos revendications ! Nous exigeons :
- Un financement massif des services publics, plus nombreux et de meilleure qualité
- Des salaires plus élevés et indexés à l’inflation
- Des journées de travail et d’études plus courtes
- La baisse de l’âge de départ à la retraite
- Le blocage des prix des biens de première nécessité, des loyers et du carburant
Nous n’avons pas à payer pour la crise de leur système. Si les capitalistes ne sont pas prêts à débourser un sou pour notre éducation, nos logements, notre pouvoir d’achat ou notre environnement, très bien, nous n’avons pas besoin d’eux. Nous pouvons gérer l’économie nous-mêmes ! Pour vivre dans une société qui placerait pour la première fois notre bien-être et la préservation de notre environnement au centre des préoccupations. Une société organisée sur des bases rationnelles, et réellement démocratique.
En somme, pour une société communiste, de notre vivant !
Luttons ensemble contre ce gouvernement, contre le système capitaliste !
Si tu veux nous aider, rejoins l’Appel Communiste !
