Le 29 janvier, à la HEAR de Mulhouse, des étudiants en école d’art ont organisé une performance pour dénoncer les violences policières. Celle-ci s’inscrivait dans le cadre d’un workshop sur le carnaval et comprenait une prise de parole politique ainsi qu’une piñata représentant une voiture de police, à l’intérieur de laquelle se trouvaient des messages dénonçant ces violences.
Des élus municipaux ont filmé un extrait de la performance, puis ont diffusé la vidéo sur Instagram en supprimant tout le contexte politique et artistique de l’action. Ils ont présenté l’événement comme un acte violent. Par la suite, la maire de Mulhouse a signalé les faits au procureur de la République.

En réaction, des écoles d’art dans plusieurs villes se sont organisées pour reproduire la performance en soutien aux étudiants de Mulhouse. Les vidéos ont été publiées sur les réseaux sociaux, notamment via le compte “Écoles d’art en lutte”.
Depuis, la propagande bourgeoise et la répression s’abat sur les étudiants en arts engagés. Les médias et l’État cherchent à effacer le contenu politique de la performance et à mettre en avant la « violence », voire le « terrorisme d’extrême gauche ».
La réaction, disproportionnée face à une performance artistique aussi inoffensive, pose question. Ce n’est pas une piñata qui menace l’ordre social. Si la bourgeoisie réagit violemment, c’est parce qu’elle y voit une occasion d’alimenter la propagande contre la gauche et de défendre une institution centrale pour le capitalisme : la police. Toute attaque contre elle touche au cœur du système. La police n’est pas une institution neutre : elle est la main armée de la bourgeoisie, un appareil chargé de protéger sa propriété, d’opprimer et de diviser la classe ouvrière, afin d’assurer la paix entre les classes.
La crise du capitalisme et les étudiants
Les écoles d’art, comme d’autres institutions du capitalisme, servent à canaliser la colère et les idées révolutionnaires d’une partie de la jeunesse. Il s’agit de donner à ces étudiants une place, en leur transmettant des idées inoffensives ou presque pour le capitalisme, comme le réformisme, l’anarchisme et la star de ces cinquante dernières années : le postmodernisme.
Mais la situation actuelle est différente. La crise durable du capitalisme, l’aggravation des inégalités, la violence sociale et policière rendent de plus en plus difficile cette intégration de la contestation. Dans ce contexte, le capitalisme ne peut plus se permettre même ces petites attaques. Il ne peut non plus se permettre les mesures symboliques et petites réformes qui étaient à la base des idées réformistes et postmodernes.
En même temps, l’ensemble des étudiants se radicalisent, ceux des écoles d’art compris. Alors, des écoles conçues à l’origine pour diffuser les idées de la bourgeoisie et neutraliser la radicalité peuvent se transformer en leur contraire, en foyers de politisation. L’histoire offre des exemples, comme en Mai 68, où les universités et les écoles d’art ont été propulsées sur le terrain de la lutte des classes, et où les étudiants sont devenus une composante du mouvement révolutionnaire.
Pour une radicalisation du mouvement
Aujourd’hui, le mouvement de solidarité entre écoles d’art constitue un premier pas important. Mais pour faire face à la répression et dépasser la simple réaction défensive, il faut s’organiser, localement et nationalement, discuter des perspectives politiques, se former politiquement !
Comprendre pourquoi l’État réagit avec une telle sévérité à des performances, c’est poser la question des intérêts de classe qu’il défend. Comprendre la répression, c’est aussi comprendre la nature du système qui produit à la fois les violences policières dénoncées et la criminalisation de ceux qui les dénoncent. À partir de là, la question stratégique se pose : comment s’attaquer aux racines du système qui produit ces violences ?
La répression cherche à intimider, à isoler, à briser. Mais elle peut aussi devenir un facteur de radicalisation. Si ces étudiants veulent franchir un cap, ils devront se doter d’une orientation politique et d’une formation théorique solide. En somme, ils devront remplacer l’idéologie bourgeoise qu’on leur inculque par l’idéologie révolutionnaire de leur classe – le marxisme.
À bas la police, la répression et le capitalisme !
Soutien aux étudiants en art mobilisés !
